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13.04.2022

L’autoconsommation : alternative durable pour la production d’énergie ? Certains pays s’y intéressent !

L’autoconsommation : alternative durable pour la production d’énergie ? Certains pays s’y intéressent !

Aujourd’hui, le monde réfléchit à de nouvelles façons de produire de l’énergie, et ainsi répondre aux enjeux de la transition énergétique. Pour répondre à l’Accord de Paris sur le climat, les réflexions pour la mise en place d’alternatives durables ont été initiées très tôt par certains pays sujets aux catastrophes naturelles ou dont les contraintes d’espace sont fortes. C’est le cas notamment au Japon ou encore aux Pays-Bas, qui envisagent sérieusement l’autoconsommation par le solaire dans leur feuille de route pour les années à venir.

L’accord de Paris prône une réduction des émissions de CO2 des pays signataires à moyen et long-terme à travers des cycles de 5 ans d'actions climatiques de plus en plus ambitieuses menées par chaque pays [1]. C’est pourquoi l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a fixé un objectif d’atteindre le « zéro émission » dans les 30 prochaines années. Cette ambition amène un besoin croissant en énergies renouvelables qui devront être multipliées par 5 pour atteindre cet objectif, et dont la première source au monde sera le photovoltaïque selon la feuille de route de l’IAE. Certains pays, dont la géographie entraîne une contrainte d’espace forte et le climat est sujet aux catastrophes naturelles, réfléchissent déjà aux alternatives durables possibles à mettre en place. Leurs gouvernements favorisent le développement des énergies renouvelables sous les formes les plus propices à leurs spécificités géographiques, mais ils partagent une appétence forte pour l’accroissement du photovoltaïque. 
Toiture, ombrière, façade sont autant de supports pouvant accueillir et permette de multiplier la production photovoltaïque, mais ces surfaces traditionnelles sont insuffisantes pour répondre au besoin croissant de production solaire locale, sans parler des problématiques de leur intégration paysagère. L’une des solutions clé est l’intégration photovoltaïque dans les voies de circulation, présentent partout dans le monde. Elle représente une opportunité pour continuer à étendre les surfaces photovoltaïques sans artificialiser de sol supplémentaire, pour l’autoconsommation bâtimentaire et l’autonomie des équipements.

Les Pays-Bas se sont saisis de ce sujet. Ce pays, dont un quart du territoire et 9 millions d'habitants se situent sous le niveau de la mer, est très concerné par la transition énergétique et souhaite diminuer de 49 % ses émissions de C02 d'ici 2030. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement veut accroître l’usage des alternatives durables pour la production d'énergie, tels que l’éolien et le solaire. Mais la tâche est complexe, tant l'espace est rare aux Pays-Bas. La production d’énergie photovoltaïque sur les 35 000 kilomètres de pistes cyclables que compte le pays est un potentiel important que les pouvoirs publics souhaitent tester afin d’optimiser ce foncier mutualisable et sous-exploité. Concrètement, cela se traduit par un travail commun mené par 4 provinces (Hollande méridionale, Brabant septentrional, Hollande septentrionale, Utrecht) qui vont piloter la mise en œuvre de panneaux solaires intégrés dans des pistes cyclables, afin que de l'électricité durable soit produite sans prendre de place supplémentaire. Les quatre provinces ont convenu conjointement de suivre et d'évaluer ces pilotes, de continuer à apprendre ensemble, et aussi de pouvoir informer les autres parties prenantes sur les opportunités offertes par ce concept.

Au Japon, pays composé d'une chaîne de montagnes imposantes qui occupe quasiment 70% de la superficie et qui, par sa situation géographique se situe sur une zone favorable à l'apparition des aléas climatiques, c’est le Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme qui souhaite promouvoir l'énergie solaire. L’objectif est d’intégrer la technologie de « pavé solaire » dans la règlementation sur les énergies renouvelables [2] pour équiper les routes et les parcs de la ville. Avec une densité moyenne de 335 habitants/km² (et plusieurs milliers d’habitants au km² dans les grandes métropoles), le Japon se doit d’utiliser tout l’espace existant pour fournir les besoins énergétiques du pays. Le photovoltaïque intégré à la chaussée apparaît comme une solution pertinente à plusieurs titres, et de nombreux projets se déploient, portés par les entreprises privées comme par le gouvernement, afin répondre aux enjeux énergétiques du Japon.

Le développement progressif de ces solutions dans la chaussée peut apparaitre comme l’un des moyens pour chaque pays de se doter de centrales de production d’énergie locales, enjeu stratégique pour limiter sa dépendance énergétique et répondre au défi de la transition écologique. 

 

[1] Source : https://unfccc.int/fr/processus-et-reunions/l-accord-de-paris/l-accord-de-paris#

[2] Source : https://project.nikkeibp.co.jp/ms/atcl/19/news/00001/02367/?ST=msb